Voyage au Québec de l'AWCCLP

Regards croisés sur les politiques de fonctionnement des Comités Consultatifs des Résidants au Québec (CCR)

LE DIMANCHE 10 JUIN 2007.

Départ retardé de plus de 3h30 heures pour cause d'une panne technique de l'avion au départ de Montréal.

Arrivée sans problème et accueil par Robert Pilon (Coordinateur de la FLHLMQ).

Transport au Centre 7400 au Boulevard St Laurent.

LE LUNDI 11 JUIN 2007.

Avec un monospace loué par la fédération, Robert Pilon nous fait visiter Montréal et nous fait voir plusieurs types de HLM, c'est ici que nous rencontrerons la majorité des tours HLM car la politique est d'économiser un maximum de place (terrain très cher) et optimiser au maximum les espaces au centre ville,

Nous apprenons qu'il n'y a pas de mixité de générations (ou vraiment peu) dans les HLM ; il existe des logements regroupés pour les familles, des immeubles (tour) pour les personnes âgées, etc.

Nous rencontrons les employé(e)s de la FLHLMQ (Fédération des Locataires d'Habitations à Loyer Modique du Québec) ( AWCCLP en Wallonie) et Robert Pilon nous explique la situation géographique des HLM dans la province du Québec et des informations qui seront développées lors de nos diverses réunions.

Après avoir dîné avec les employé(e)s, retour au Bureau de la fédération à l'Avenue Lionel-Groulx, afin de peaufiner et expliquer en détails le programme de notre voyage :

•Les visites d'immeubles.

•Les diverses OMH (Office Municipal d'Habitations) ( SLSP en Wallonie) que nous allons rencontrer.

•Les rencontres avec les CCR (Comité Consultatif de Résidents) ( CCLP en Wallonie).

•La réunion prévue avec la SHQ (Société d'Habitation du Québec) (SWL en Wallonie).

Nous faisons connaissance avec les autres responsables de la Fédé.

Nous analysons aussi le programme détaillé du Congrès du vendredi et samedi 15 et 16 juin.

Fonctionnement du système communautaire au Québec.

•Dans les HLM se créent de nombreuses associations culturelles, de loisir ou autres qui sont regroupées pour être appelées « l'association ».

•Chaque association désigne des locataires délégués au CCR (comité consultatif de résidents).

•Le CCR délègue un locataire pour le représenter aux réunions de secteur (à Montréal, il y a 5 secteurs) ; et 2 locataires qui les représentent au CA de l'Office.

•Le CA des Offices se compose de 7 membres dont 2 sont des locataires délégués administrateurs.

Le CCR reçoit une subvention d'environ 3 000 $Ca non justifiable, mais elle doit justifier ses activités par une présentation de bilan annuel à ses locataires.

Historique.

•1998 : Création des CCR pour la défense des locataires dans les associations de loisir et de culture (400 CCR au Québec).

•2002 : Instauration d'une loi obligeant les OMH à mettre en place des CCR installés par les associations.

•2007 : Sur les 550 OMH, il existe 98 CCR dans les Offices de plus de 100 logements (avec du personnel à temps plein) qui fonctionnent très bien. Il y a 450 OMH qui possèdent moins de 99 logements (parfois 10 logements) et qui ont (ou non pas par manque de volontaire, environ 46%) du personnel à temps partiel ou des bénévoles. Ils sont moins compétents. Sur les 450, seulement une centaine fonctionne correctement.

On remarque très vite une division dans le travail. Les associations travaillent sur les fêtes et les loisirs et les CCR relayent les problèmes plus généraux de la base vers les instances et des instances vers les locataires. Mais elles sont complémentaires.

Après être descendues dans la rue, ces associations sont très vite devenues une force de mobilisation qui permet aux CCR de se faire « craindre », mais surtout d'être respecté. Le résultat a été très bénéfique car le CCR reçoit maintenant une meilleure écoute et obtient plus de succès dans ses revendications. Les CCR donnent également des formations aux associations afin de permettre à ces dernières de travailler correctement et suivant un principe administratif coordonné.

LE MARDI 12 JUIN 2007.

Sylvie Létourneau, organisatrice de la FLHLMQ nous pilote et nous rencontrons les représentant(e)s de l'OMHM (Office Municipal d'Habitations de Montréal) et du CCR de Montréal.

Michel Perreault, Directeur général adjoint des OMH de Montréal nous fait un exposé très complet de leur situation et des divers enjeux dans le système mis en place au Québec depuis 4 ans.

L'Office est un chef de file en matière d'administration publique. Il gère avec efficacité, transparence et créativité le parc résidentiel le plus important au Québec. Il est reconnu pour le dynamisme des collectivités qui y logent, pour les relations de partenariat instaurées avec ses employés et le milieu ainsi que pour son apport au développement social de ses locataires et de la collectivité.

Les valeurs appliquées sont dans l'ordre :

•La satisfaction du client.

•La Transparence.

•La recherche de l'excellence.

•Le respect.

•L'intégrité.

•La loyauté.

Les domaines clefs pour y parvenir sont dans l'ordre de priorité :

•Le service à la clientèle.

•La gestion immobilière.

•Le développement social.

•La gestion de l'organisation.

TOUT AU LONG DE NOTRE VOYAGE, NOUS NOUS RENDRONS COMPTE QUE CES PHRASES NE SONT PAS DE VAINS MOTS.

De 2005 à 2009, un enjeu prioritaire et important est en application :

En janvier 2006 : Après un sondage très sérieux de satisfaction, un rapport d'étude comparative est élaboré sur la satisfaction de la clientèle de l'OMHM.

L'HUMAIN AU CŒUR DES PREOCCUPATIONS.

Comment ?

•Assurer une transition harmonieuse vers la nouvelle organisation de travail (comblement des postes, formation adéquate, communication).

•Mettre en place le plan d'action élaboré à la suite du sondage des employés.

•Poursuivre l'amélioration des services à la clientèle par des visites et des inspections régulières auprès des locataires.

•Assurer l'intégration harmonieuse des locataires du PSL d'urgence dans le parc HLM.

•Consolider le programme « Habiter la Mixité ».

•Poursuivre les démarches pour que le gouvernement du Québec finance les besoins en investissement dans le parc HLM.

•Mettre en chantier plus de 250 logements abordables.

•Elaborer un programme de développement durable.

Montréal est une île principale avec de multiples petites îles et au niveau des HLM, elle est divisée en 6 secteurs. Nous sommes sur le secteur sud-ouest qui compte 15 offices.

La CMM (Communauté Métropolitaine de Montréal) recense une population de 3 436 143 habitants. Dont 1 838 474 vivent sur l'île de Montréal.

En octobre, le secteur Sud-Ouest regroupera 42 associations et deux groupes de sous-secteur.

Il existe plusieurs types de logements sociaux :

•Les HLM : habitations à loyer modique (20 382 dont 9 654 pour les familles ou personnes seules ; 9898 pour les aînés ; 625 logements adaptés et 205 chambres).

•Les PSL : logements inclus dans le Programme de Supplément au Loyer (7 758 logements). Ces programmes permettent à l'OMHM de réserver des logements sur le marché, à un coût égal ou inférieur au loyer moyen.

•Les LAQ : inclus dans le programme de Logement Abordable du Québec (1 309 logements). Le gouvernement fédéral, provincial et la CMM subventionnent la construction. Par la suite, les projets doivent s'autofinancer.

Le parc immobilier de l'OMHM comprend 37 000 locataires pour 29 449 logements répartis comme suit : 20 382 HLM ; 1 309 logements abordables et 7 758 PSL (52 % des logements sont des tours).

La moyenne d'âge du parc est de 27 ans mais certains immeubles ont plus de 100 ans et 55 % ont plus de 30 ans.

Les enjeux de gestions sont nombreux, exemple :

•Vingt grands ensembles ont plus de 100 logements construits dans les années 1970 et ont un problème de détérioration accélérée.

•Dix sept tours d'habitations sont à remettre aux normes de sécurités.

•Entretien préventif qui comprend la visite de TOUS les logements de l'OMHM en 30 mois pour établir la liste des travaux à réaliser à court, moyen et long terme et mettre à jour l'inventaire des composantes des logements.

•Adaptation des logements pour notamment permettre aux personnes seules à demeurer chez elles.

•Réduire de 9 % la consommation d'énergie en 5 ans.

•Réduire de 13,5 % les émissions de gaz à effet de serre en 5 ans en modernisant les systèmes de chauffage au gaz naturel, en plaçant des capteurs solaires (HTL énergies) ; en plaçant des panneaux réflecteurs Novitherm, des thermostats électroniques, des contrôleurs numériques et détecteurs de CO mono-gaz ; en remplaçant les équipements d'éclairages ; en installant une nouvelle unité de ventilation et en récupérant la chaleur des eaux grises.

•(Repris dans les enjeux de gestions) Soutenir et développer les 125 associations de locataires actives dont la préoccupation est la sécurité et l'entretien. Pour donner un aperçu de l'importance donné aux enjeux d'actions communautaires nous retiendrons 2 points d'un programme extrêmement ambitieux : 46 développements de projets de logements avec soutien communautaires et 90 projets de développement et d'accueil d'initiatives communautaires. Il existe également de multiples actions aux personnes et communautaires.

Dans le programme de gestion des HLM, la contribution annuelle du Fédéral est de 55 %, de 35 % pour le Provincial et de 10 % pour le municipal.

Le loyer d'un logement social correspond à 25 % des revenus du ménage, soit environ 290 $ Ca. Le loyer comprend les charges (Eaux ; Electricité ; chauffage ; etc.).

Les logements sont attribués aux ménages les plus démunis. Lorsqu'il y a changement de la composition de ménage ou qu'il n'entre plus dans les critères d'attribution, le locataire est obligé de déménager. La moyenne des déménagements annuels est de l'ordre de presque 2/3 des locataires (bail débutant le 1er juillet d'où l'appellation « clientèle du 1er juillet »). Pour toutes sortes de raisons, les locataires déménagent en moyenne 1 fois par an (sauf personnes âgées) ; afin de freiner cette tendance, une législation devrait bientôt être d'application pour définir plus précisément les motifs réellement pris en compte pour accepter un déménagement. On nous apprend que le 1° juillet est très spectaculaire à voir à Montréal à cet égard..

L'après-midi, nous assistons à une réunion de secteur. Elle est animée par Nathalie Thiffault qui est le relais (indispensable) entre tous les divers niveaux sur le terrain (l'Associatif (locataires), le CCR (délégué par les associations), les Offices (représentées par leur Directeur) ; le Directeur Général assiste également à cette réunion.

Nous sommes très surpris de l'esprit de la réunion. Malgré un protocole réduit au minimum, toutes les personnes présentes (locataires, délégués ou directeurs) discutent des sujets avec humour et respect de la personne tout en gardant un aspect très professionnel. Nous sentons que la communication est bien présente dans les relations (ex : des fleurs sont offertes à des présidentes d'associations pour leur anniversaire ou en félicitation pour un travail bien effectué).

Nous observons également que les sujets abordés sont souvent les mêmes préoccupations de confort ou d'entretien que chez nous. A la grande différence qu'au Québec, ces points sont prioritaires et sont étudiés très sérieusement. Le directeur général répond à toutes les questions de procédures, aux demandes des locataires auxquelles des mesures sont prises pour qu'ils soient satisfaits dans les plus brefs délais et aux questions du CCR (suivi de sujet d'une réunion plus spécifique) dans ce cas, nous constatons qu'une communication directe, efficace et régulière est installée entre la direction des Offices et le CCR. Un travail important est de responsabiliser de plus en plus les CCR par tous les moyens possibles.

Comme nous avons un peu de mal à croire que cette façon de travailler et de coopérer est bien réelle, nous posons quelques questions au Directeur Général qui au bout d'un moment s'étonne de nos questions et nous dit :

« Mais enfin, je ne comprends pas votre étonnement ! Qui paie le loyer ? Qui vit dans les immeubles ? Qui rencontre des problèmes sociaux ? Ce sont bien les locataires ! Donc il est tout à fait normal que « nos Boss soient les locataires », que nous soyons à leurs services et que nous rendions les services demandés et qu'ils puissent avoir la possibilité de vérifier si l'Office qui les loge rempli correctement sa tâche, pour cela, il faut donc une transparence à tous les niveaux ; Il est vrai qu'ici les locataires ont un grand pouvoir d'influence car ils sont consultés afin d'orienter les projets dans le sens des locataires. Pour cela, nous recherchons des supports dans le communautaire et travaillons sur l'adhésion des gens à la vie communautaire ».

Comme tout est basé sur l'associatif, nous nous étonnons sur l'investissement apporté dans ce cadre (15 $Ca par logement). A cela le Directeur Général répond :

« Après une étude très poussée, nous avons constaté qu'EN AMELIORANT ET FAVORISANT LA QUALITE DE VIE ET L'HABITAT, NOUS LUTTONS EFFICACEMENT CONTRE LA PAUVRETE, il ne faut pas oublier que le logement social est le dernier rempart avant la vie dans la rue. Afin d'aider au mieux les gens en situation précaire, il faut leur redonner de l'espoir, et les réintégrer à une vie sociale, pour y parvenir, ils doivent vivre dans les conditions les mieux adaptées et le plus décemment possible».

Nous apprenons que depuis un an il a été créé un « Bureau des Plaintes » où tout locataire peut réclamer lorsqu'il n'est pas satisfait d'un service auquel il a droit. Ce service améliore encore la qualité des services.

Les membres des CCR, associations et les responsables nous ont préparé un repas original « in box », les échanges se poursuivent notamment avec un directeur technique.

LE MERCREDI 13 JUIN 2007.

Avec Robert Pilon, nous visitons des immeubles en pleine rénovation sur le site « Bord de l'eau ».

Nous sommes étonnés de voir l'état de dégradation des immeubles qui ne sont pas encore réhabilités et aussi étonné par la qualité apportée aux logements réhabilités (cuisine équipée, éclairage, sécurité incendie, etc.). Il est flagrant de constater la volonté des instances à donner un habitat correct avec une qualité de vie communautaire la plus adaptée possible.

Nous rencontrons Jean Crépeau (trésorier de la fédération) qui nous fait une visite guidée d'un immeuble de Longueuil pour personnes âgées (tour de 10 étages).

Une fois encore, nous sommes surpris par la propreté et le respect des lieux. Tout y est fait pour que les aînés soient bien installés ; salle communautaire très vaste, salon de repos et de convivialité, coin TV ; cuisine collective ; jardin avec des balancelles ; lavoir pour le linge avec sèche-linge et espace de repassage ; salle de billard et d'autres activités (fléchettes, jeux de société, etc.) ; salon de coiffure. Pour nous, il s'agit presque d'une séniorie de luxe.

Nous visitons 2 appartements pour personnes isolées(1 chambre et 2 chambres). Les appartements sont proportionnels aux nôtres mais arrangés avec un grand goût (pas de place perdue par des machines à lessiver encombrantes).

Lorsqu'un locataire s'installe, l'office remet complètement l'appartement en état suivant les desiderata du locataire. Il peut choisir du parquet, du tapis plein ou du vinyl à son goût. S'il veut repeindre ses murs, l'office lui fournit la couleur. Actuellement, les normes standarts des frigos et des cuisinières ont changé au Canada, donc dès qu'un appartement se libère, l'office arrache la cuisine en place et remet une nouvelle cuisine équipée suivant les nouvelles normes. Le locataire peut choisir son carrelage mural. Tous les frais sont à charge de l'office.

Nous rencontrons des représentants de l'association et du CCR local et dînons avec Sylvain Boily, Directeur général de l'OMH de Longueuil avec lequel nous échangeons des informations sur le système belge et Québécois. La volonté de transparence et de bien-être des locataires sont ici également très présents et constituent aussi la priorité dans le travail de l'office. M. Boily se montre très intéressé par le système bruxellois qui se rapproche plus de leurs pratiques. Selon les informations qu'il possède, il regrette que le gouvernement wallon ne mette pas les moyens nécessaires en oeuvre pour développer un habitat correct aux locataires sociaux.

Nous nous rendons au Mont St Hilaire qui se trouve au pied d'un volcan éteint au milieu d'une vaste plaine. Le paysage est enchanteur et nous rencontrons des membres de l'association et Mme Verrière du CCR local.

Ce magnifique site est composé d'appartements pour personnes âgées, et de maisons pour les familles. Le tout dans un espace très verdoyant.

Une grande parcelle de jardins communautaires a été créée et est entretenue par les locataires. Un bâtiment est exclusivement réservé à la salle communautaire et aux diverses activités créées par les locataires. L'associatif est vraiment important pour les gens, il est le ciment de la vie communautaire.

Nous visitons également un atelier de menuiserie bien outillé où les locataires peuvent réaliser des travaux pour leur faciliter la vie pendant l'hiver et des décorations originales pour les diverses fêtes.

Toutes les caves et tuyauteries sont extrêmement bien isolées pour le froid.

Nous devons reconnaître que la visite était trop courte et nous ressentions une tristesse de la part des locataires qui attendait la visite d'un journaliste pour partager ce moment avec nous. Ces locataires appréciaient grandement le partage avec nous.

La journée s'est terminée par un repas chez Robert, représentant du CA de la FLHLMQ . Moment très riche en échanges entre les délégations.

LE JEUDI 14 JUIN 2007.

Avec Sylvie Létourneau, nous quittons Montréal en direction de Québec où nous ferons halte à Trois-Rivières. Nous rencontrons et dînons avec des représentants de l'association et du CCR de Trois-Rivières ainsi que Madame Françoise Cousineau, la Directrice adjointe de l'OMH.

Nous échangeons également beaucoup d'informations qui correspondent à toutes celles reçues précédemment. Nous constatons toujours cette volonté d'implication du locataire dans une vie communautaire où l'habitat est décent et adapté. Nous observons que le bois est un des matériaux très utilisés.

L'office comprend 32 appartements pour personnes handicapées, 2 blocs pour personnes âgées et 164 maisons pour les familles.

La municipalité a rencontré beaucoup de problèmes sociaux qui ont abouti à un climat de vandalisme, de décrochage scolaire et tous les problèmes liés à la paupérisation.

Pour trouver des solutions à long terme, une étude a débouché sur un projet rénovateur appelé :

« Agir ensemble et Multi-Boulot ». Chantal Proulx en est la coordinatrice.

Ce projet a permis la création de multiples associations pour les familles dans un cadre de réinsertion sociale. Mme Proulx et le CCR en ont réalisé les formations pour savoir notamment comment tenir des réunions.

Les groupes extérieurs et l'office ont apporté beaucoup d'aides et de soutiens (26 partenaires). Des lettres d'appuis de toutes les associations ont permis d'obtenir plus de subvention pour les divers projets (12 associations à Trois-Rivières), n'oublions pas que chaque association reçoit une subvention de 15 $Ca par logement. La FLHLMQ a également soutenu le projet.

De nombreux contacts ont été nécessaires pour installer un climat de confiance avec les locataires.

Une enquête a été menée pour connaître les desiderata des locataires pour savoir vers quel objectif diriger les associations en partenariat (70 % ont répondu à l'enquête).

Echange de possibilité des associations bien en place vers les associations moins bien structurées (ex : une association d'infirmière vers un centre d'aide au plus démunis).

Un service de médiation a été créé ainsi que des services à la jeunesse qui réalisent des travaux d'utilités publics.

La difficulté actuelle est la continuité des associations par la différence de mobilisation d'un immeuble à l'autre. Il s'agit d'un travail quotidien très important, qui demande beaucoup d'investissement humain.

Nous partons ensuite pour l'Université de Laval (La Laurentienne) pour assister à la présentation du Congrès de la FLHLMQ et d'une étude scientifique menée par plusieurs chercheurs de renoms sur la pratique d'actions communautaires en milieu HLM avec un accent particulier sur les actions menées par et pour les résidents, et qui sont adaptées aux personnes qui y évoluent. Nous assistons au lancement de la recherche de Monsieur Paul MORIN et écoutons son exposé.

Il a été démontré que les projets d'actions communautaires ont une place importante et primordiale dans les logements sociaux.

En effet, malgré une situation souvent catastrophique de paupérisation et des situations qui peuvent sembler sans issue, certains résidents travaillent à changer les choses pour le mieux-être de tous et leurs actions sont souvent intimement reliées à des luttes pour le respect de leurs droits en parallèle à une lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans une volonté de retrouver leur dignité en apportant une image positive de leur milieu de vie.

Dans ce travail, les CCR développent de plus en plus l'instauration d'un nouveau type de service public. On s'aperçoit également qu'un patrimoine d'expérience et de compétences s'est développé, mais que ceux qui en sont porteurs ont besoin d'être soutenu de façon tangible par l'Etat.

Nous dirigeons ensuite vers l'Université de Laval où nous y conduit Marie Christine Gagnon. Nous y logerons 4 nuits.

Le soir, un souper rencontres avec tous les responsables et membres du CA et des associations est organisé en notre honneur.

Tard dans la nuit, nous accordons nos violons et préparons le Congrés du lendemain.

LE VENDREDI 15 JUIN 2007.

Le Congrès de la FLHLMQ.

Après les discours de présentations, de bienvenue et de remerciement, les délégués de l'AWCCLP présentent 2 sujets :

1) L'historique et le fonctionnement des CCLP wallons et les nouveautés apportées par le Ministre André Antoine suite à un audit de toutes les SLSP. Ce point de vue fut présenté par Nicolas Paquot.

2) La nouvelle législation qui permet aux CCLP de placer un administrateur, avec voix délibérative, au sein du conseil d'administration des SLSP ; nous avons pu annoncer que le Ministre venait de sortir un arrêté qui supprimait toute incompatibilité entre le mandat d'administrateur et le mandat de membre de CCLP. Ceci fut présenté par Marie Claire Brancart qui mit l'accent sur la nouvelle réforme de notre Ministre qui désire enfin mettre le locataire au cœur même de cette réforme. Elle donna les diverses possibilités offertes à ce jour aux locataires pour s'impliquer au sein de leur SLSP ou quartiers.

Pour une meilleure compréhension auprès des Québécois, Patrick Allaer (Président des Cocolos bruxellois) a présenté un exposé sur la géographie de la Belgique (3 régions et la région bruxelloise). Il a ensuite exposé les différences entre les pratiques bruxelloises et les pratiques wallonnes ; ainsi que la différence de moyens dont disposent les Cocolos et les CCLP.

La Vice-première Ministre et Ministre des affaires municipales et des régions, Madame Nathalie Normandeau, est venue présenter le résultat des négociations qui avaient cours dans leur province depuis un certain temps. Elle a notamment annoncé un montant de 100 millions de dollars canadiens pour la rénovation et la réhabilitation des logements, ainsi que des subventions supplémentaires pour les organisations et associations qui travaillent sur le terrain. Elle a également présenté quelques réformes dans la législation actuelle.

L'AWCCLP a ensuite rencontré la presse qui semblait hélas, trop avide de sensationnalisme concernant nos scandales. Cette dernière désirait recevoir plus de détails sur les problèmes qu'ont rencontrés certaines de nos sociétés. Nous avons minimisé la situation en expliquant que ces dérives faisaient suite à un mauvais système de contrôle des SLSP, qui avaient un trop grand pouvoir d'autonomie, mais que le Ministre avait très bien perçu le problème et que la législation sur ce sujet était actuellement en pleine rénovation. Nous avons insisté sur le fait que la page était tournée et que ressasser ces scandales n'apporteraient rien de positif ; nous désirons aller de l'avant désormais.

Le communiqué de presse stipulait que nous nous étendrions sur les scandales financiers qui avaient secoués la Wallonie. Il signalait que plusieurs Sociétés étaient mise sous tutelle et poursuivies en justice. L'intention de la ministre québécoise était de procéder à la modernisation de ses services et de ses programmes dans le cadre d'une vaste décentralisation des pouvoirs vers les offices municipaux d'habitation. Elle devait également annoncer des mesures nouvelles d'augmentation de l'aide à la Fédération.

Celle-ci a dès lors signalé que la décentralisation ne se réalisera jamais sur le dos des locataires mais qu'elle s'appuiera sur la confiance et le respect.

La crainte de la Fédération était de voir les Offices fixer localement le montant des loyers selon leurs désirs.

En résumé, parmi les enjeux majeurs du Congrès, se trouvaient les budgets de rénovation, le Code de déontologie, donner plus de pouvoir aux CCR en comparant avec la Belgique, les dossiers santé, le sous financement des associations et de Fédération, et donc aussi la décentralisation vers les Offices.

L'après-midi fut consacré à l'assemblée générale de la FLHLMQ ainsi qu'à la présentation du bilan des activités, des comptes et des candidats pour le renouvellement du conseil d'administration.

A noter un moyen de présentation très original : le bilan comptable est très rébarbatif et inintéressant pour beaucoup de locataires : il fut présenté sous forme de pièce de théâtre !!!! Récréation assurée.

Vers 15 h, chacun a pu se joindre à 1 des 6 ateliers proposés :

1.Comment améliorer et accroître le pouvoir des CCR ?

2.Comment renforcer l'influence des élu(es) sur le conseil d'administration de des offices et la place des femmes ?

3.Comment lutter efficacement contre la pauvreté dans les HLM ?

4.Comment favoriser le maintien à domicile des locataires et intégrer les personnes en difficulté sans compromettre la qualité des milieux de vie ?

5.Comment prévenir la violence faite aux femmes, aux enfants et aux aîné(es) dans les habitations ?

6.Comment développer de nouveaux logements dans une perspective de développement durable et social ?

Nous y étions invités en observateurs mais nous avons pu y donner notre point de vue. Monsieur H de Nicolini y participait également et passait d'ateliers en ateliers.

La soirée se déroula par l'élection par région des membres du prochain CA de la FLHLMQ.

Nous avons l'occasion de rencontrer bon nombre de locataires et d'échanger avec eux.

LE SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2007.

Le samedi est consacré aux motivations des candidats au Conseil d'administration de la FLHLMQ (plus personnel) et à leur élection, ainsi que l'élection des délégué(es) de chacune des régions. Nous rencontrons nos amis le matin pour le déjeuner. La FLHLMQ nous donne congé et nous avons donc profité de ces 2 jours pour visiter la ville de Québec et prendre le pouls de la région.

LE LUNDI 18 JUIN 2007.

Nous avons été très bien reçus par Monsieur Hubert De Nicolini (Directeur du département du logement) de la Société d'Habitation du Québec ( Société Wallonne du Logement chez nous) et de 3 membres employés de son département.

Nous avons eu un exposé très clair et précis sur le logement social dans la province du Québec. Véritable écolage que cette présentation exposée avec beaucoup de passion.

Après ce débat très intéressant, nous prenons le bateau pour la traversée du St Laurent afin de nous rendre (avec les personnes de la SHQ) à Lévis (de l'autre côté du fleuve) pour y rencontrer le CCR, visiter l'OMH où un exposé nous démontre, une fois de plus, la volonté de donner une priorité absolue à la qualité de vie pour le bien-être des résidents. Pour corroborer l'exposé, nous visitons un immeuble et un appartement réhabilité.

Il faut avouer que nous sommes ébahis par tout ce que Monsieur de Nicolini nous partage.

Marie Christine Gagnon, une autre organisatrice de la Fédération nous redescend sur Sheerbrooke où nous accueille Nicola Sirois nouvelle Présidente de la Fédération depuis samedi16 juin.

LE 19 JUIN 2007.

Nous assistons à une visite guidée de Sherbrooke, de ses alentours, des serres municipales « Carl-Camirand », d'un immeuble (ancienne école) réhabilité en logements pour personnes seules et plus loin pour des familles. Nous visitons également un de ces appartements rénovés.

C'est Nicole Sirois , la nouvelle Présidente de la FLHLMQ qui nous guide.

Nous dînons avec les représentant(e)s de CCR et de l'OMH de Sherbrooke.

Nous sommes conduits dans un quartier de la ville pour y découvrir un projet pilote sur la réinsertion de jeunes à problèmes.

Le projet se nomme : « Tremplin », son Directeur nous explique que lorsque des jeunes, de 16 à 30 ans, sont en décrochage par rapport à la société (il s'agit de jeunes délinquants n'ayant pas de dossier criminel mais qui ont commis des faits relativement graves), ils sont suivis par des assistants sociaux qui leur proposent de venir s'inscrire dans le projet « Tremplin ».

Ces jeunes sont pris en charge et reçoivent une formation suivant leurs demandes (horéca, peinture en bâtiments, menuiserie, etc.). Les formateurs, qui possèdent notamment une formation d'assistant social, doivent pouvoir régler tous les problèmes conflictuels.

Les jeunes apprennent à gérer leur appartement et à se prendre en main. Les rues avoisinantes sont sous contrôle vidéo (des panneaux avertissent les gens de la présence de caméras) et la police intervient en partenariat avec les animateurs dès qu'une situation dégénère.

Nous avons pu visiter deux appartements de jeunes arrivés une semaine avant pour un et depuis 3 mois pour l'autre, ils nous disent qu'ils se sentent soutenus et bien encadrés pour la première fois de leur vie. Nous avons également assisté à leur travail dans les cuisines et dans le restaurant (fast-food nourriture saine) qu'ils dirigent ensembles (caisse incluse). Des peintures, réalisées par certains ou de jeunes peintres de la région, sont exposées sur les murs du restaurant.

Les jeunes que nous avons rencontrés sont ravis de ce projet et pour la plupart, établissent pour la première fois de leur vie des projets d'avenir.

Ce projet nous a très vivement intéressé et nous pensons qu'il serait bien d'étudier une copie en Belgique.

Nous finissons la journée par la visite de cités pour les familles, nous y rencontrons des familles de différentes ethnies. Comme chez nous, c'est dans ce type de cité que l'on rencontre le plus de problèmes (les rapports entre résidents sont plus délicats). Nous apprenons que plusieurs projets sont à l'étude pour trouver des solutions à ces problèmes. Nous apprenons également que le taux d'immigrés est très peu élevé au Québec, mais qu'ils sont souvent regroupés dans un même quartier, mais ces quartiers ne dépassent jamais les 100 logements (54 logements dans la cité visitée)

Le soir, une agréable surprise nous attend : les locataires de Rockforest ont mis les petits plats dans les grands. Les locataires de l'ensemble de l'immeuble où habite la Présidente ont préparé un barbeçue où tous ensemble nous échangeons une soirée complète sur nos pratiques communes. Moment d'émotions intenses tant leur joie de rencontrer des Belges étaient immense. Et c'est là que nous réalisons la force de l'associatif qui soude les liens entre locataires.

LE 20 JUIN 2007

Un long trajet nous attend encore : retour de Sherbrooke vers Montréal après un dernier déjeuner avec la Présidente de la Fédération et les dernières conclusions et décisions pour nous retrouver dans l'avenir

LE 21 JUIN 2007.

Nous repassons dans les locaux de la FLHLMQ et complétons nos données.

Nous faisons le bilan de notre voyage en commun avec la FLHLMQ.

Nous prenons le temps d'une visite pédestre dans des quartiers moins favorisés, où là aussi, comme chez nous, les problèmes sont multiples ; mais là, nous constatons que les autorités municipales essayent de réaliser des aménagements ou réhabilitations de sites abandonnés ou en mauvais état (exemple : réhabilitation d'un canal et des espaces qui le longent)

Après de vifs remerciements, le cœur un peu gros malgré tout de quitter nos amis, nous rentrons en Belgique avec une motivation accrue et des idées plein nos bagages à partager et surtout à tenter de mettre sur pieds.

Brancart M Claire

Paquot Nicolas

 
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